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Libération

La grève des ouvriers agricoles du Sud porte ses fruits

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Des saisonniers étrangers subissaient des conditions de travail déplorables.

Publié le 22/07/2005 à 3h03

Saint-Martin-de-Crau, envoyé spécial.

C'est la plus grosse exploitation fruitière des Bouches-du-Rhône, mais pas la plus vertueuse. Le 12 juillet, les 240 ouvriers qui y travaillent, à Saint-Martin-de-Crau, se sont mis en grève. Tous employés sous contrat OMI (Office des migrations internationales), ces forçats de la pêche et de l'abricot, marocains ou tunisiens pour la plupart, n'avaient encore jamais osé défier leur patron, Laurent Comte, qui exploite 1 700 hectares d'arbres fruitiers à travers deux sociétés, la Sedac et le SEP. Au début, les grévistes réclamaient seulement leurs arriérés de salaire, de 1 500 à 3 000 euros d'heures supplémentaires par personne, dus parfois depuis plus de dix-huit mois. «Le patron est venu nous dire qu'il n'avait pas assez d'argent», explique Moustapha Darnaoui, un des rares permanents de l'exploitation. «Malgré une promesse de payer ces heures en deux fois, fin juillet et fin août, les gars n'avaient pas confiance. Alors, ils se sont mis en grève.»

Cagnard. Sitôt la nouvelle connue, les cégétistes du coin ont débarqué. Et le conflit a pris une tout autre ampleur. Jean-François Duverdier, de l'union locale CGT de Fos-sur-Mer, raconte que «les ouvriers étaient logés dans des conditions épouvantables, entassés dans les pièces minuscules d'un vieux mas délabré, sans douches ni sanitaires, avec une chaleur insupportable qui les empêchait de dormir». Les mieux lotis avaient droit à des préfabriqués alignés en plein cagnard entre deux rangées de pê

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