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Libération

La CFDT crie à la délocalisation fiscale des multinationales

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Un collectif syndical alerte le Premier ministre sur la fuite des marges bénéficiaires en Suisse.

Publié le 27/07/2005 à 3h06

Des syndicalistes d'entreprises privées en appellent au Premier ministre pour sauver les recettes fiscales de l'Etat. Un collectif CFDT rassemblant les délégués de groupes du secteur «détergents et cosmétiques» (Henkel, Unilever ou L'Oréal), a adressé hier une lettre au Premier ministre pour l'alerter sur le mouvement de délocalisation des sièges, d'une ampleur inquiétante. Quelque 526 centres opérationnels de ces gros groupes ont quitté plusieurs pays européens pour la Suisse à la fin 2004, souligne le collectif. Ce dernier redoute que plus de mille autres multinationales fassent de même d'ici à trois ans, ce qui représenterait pour la France, selon ses estimations, une perte de 32 milliards d'euros de recettes fiscales sur les sociétés.

Avec Colgate, l'impôt français sur les sociétés peut aller se brosser. Depuis janvier 2005, l'américain a tout simplement délocalisé en Suisse sa marge bénéficiaire, en même temps que son siège. «Evidemment, entre un taux négocié en Suisse à 6 %, et les 33,3 % français, le choix est vite fait. Mais l'Etat y perd 40 millions d'euros de recettes», fulmine Jean-Claude Rech, secrétaire européen CFDT du groupe lessivier.

Colgate-Palmolive n'est pas le premier à tenter d'échapper à une fiscalité des entreprises peu harmonisée dans toute l'Europe. Bien avisées par les sociétés de conseil (Ernst & Young, selon les syndicats, aurait vendu cette tactique à Colgate), les grandes entreprises se sont engouffrées dans la brèche ouverte par Procter & Gamble

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