Moussey (Moselle), envoyé spécial.
C'est la fin d'une utopie patronale. Le 22 juin, la liquidation de l'usine historique de Bata en France a mis un terme définitif à l'aventure du fabricant de chaussures en Lorraine. Désormais, seul subsiste le dépôt de Bata France Distribution, qui emploie une trentaine de personnes. Mais le groupe canadien Bata, ses 40 000 salariés et ses 40 usines dans le monde, continue lui sa vie. La déconfiture de l'usine en 2001, puis la liquidation de son repreneur Hello SA (des anciens cadres de Bata France) ont entraîné en trois vagues le licenciement de près de 800 salariés sur le site de Bataville, construit en pleine campagne à Moussey, au sud de la Moselle. Une cellule de reclassement vient d'être mise sur pied à l'attention des 88 salariés de Hello SA, les derniers des «Batamen». Imprégnés, mais aussi handicapés par une culture d'entreprise qualifiée de «système totalisant» par Alain Gatti, historien et secrétaire général de la CFDT Moselle (1), ils doivent se débarrasser du credo «vivre, penser et travailler Bata» pour espérer rebondir.
Toit plat. L'aventure française avait commencé en 1931, avec l'achat par le Tchèque Thomas Bata de 500 hectares de terrain situés loin de toute agglomération. Très vite, une usine, un centre de formation et des maisons de brique rouge à toit plat sortent de terre. La cité ouvrière Bataville est née. «Il s'agit de supprimer toutes les forces centrifuges, la politique et le syndicalisme en premier lieu, qui po




