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Du barrage de routes à l'entreprise solidaire

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En Argentine, des ex-piqueteros (chômeurs contestataires) ont créé une coopérative à la fois rentable et équitable.

Publié le 29/08/2005 à 3h27

Buenos Aires de notre correspondant

A l'ouest de la capitale argentine, la banlieue ouvrière de La Matanza (1,8 million d'habitants) est le berceau des piqueteros, ces chômeurs adeptes des blocages de routes, apparus lors des vagues de licenciements qui ont suivi les privatisations du milieu des années 90. Dans ce bastion du Parti justicialiste (péroniste), où le clientélisme fait office de politique sociale, un des mouvements sociaux parmi les plus radicaux a décidé d'inciter ses membres à se reconvertir dans les affaires, en imaginant des circuits économiques à la fois rentables et équitables.

Sous l'égide de Martin Churba ­ un des designers les plus en vogue à Buenos Aires ­, le MTD (Mouvement des travailleurs désoccupés) produit des tabliers chics au logo ironique ­ «Le travail est à la mode» ­, qui font fureur jusqu'au Japon. «C'est pas parce qu'on manifeste, qu'on coupe les routes et qu'on occupe des usines abandonnées qu'on n'est pas capables de travailler», remarque Toty Flores, responsable de la coopérative installée dans un bâtiment «récupéré». Le lieu héberge un atelier de couture et de sérigraphie, une boulangerie, un jardin d'enfants et un gîte qui accueille les étudiants étrangers intéressés par l'expérience. «En 2001, au plus fort de la crise, un puntero (1) nous a prêté des machines à coudre, raconte l'ancien métallo. Mais, au bout de quelques semaines, l'atelier a capoté. Personne ne nous avait appris à négocier le tissu, à vendre, à faire la comptabilité.» Bi

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