Reims envoyé spécial
Pour sa rentrée, Chirac aurait pu choisir Romans, dans la Drôme, capitale de la chaussure (où les usines ferment), ou encore une station-service (où le prix de l'essence flambe). Flanqué de son Premier ministre, Dominique de Villepin, et de cinq autres membres du gouvernement, dont Sarkozy, il a opté hier pour Reims afin d'évoquer le «futur» et d'inciter le pays à «relever le défi de l'innovation industrielle». Un thème bien moins casse-gueule que les licenciements ou le pétrole et alimenté par un brouet de mesures déjà en place ou annoncées, toutes destinées à mettre la France «aux avant-postes de l'innovation industrielle et de la recherche». Pour ainsi lutter contre les délocalisations ou le trou béant du commerce extérieur. Au menu : la loi-programme pour la recherche publique, toujours attendue, les pôles de compétitivité lancés en juillet, qui associent entreprises, laboratoires publics et centres de formation dans des zones géographiques précises. Et l'inauguration de l'Agence pour l'innovation industrielle (AII), présidée et inspirée par le patron de Saint-Gobain, Jean-Louis Beffa.
C'est le lancement plusieurs fois repoussé de l'AII qui marque la seule petite nouveauté du jour. Dans les prochaines semaines, le directoire de l'agence, piloté par l'ex de Thomson Robert Havas, distribuera les premiers millions à de grands projets industriels destinés à accoucher des «Airbus et des Ariane de demain». Pas de «colbertisme industriel» pour autant, ni de r




