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Interview

«L'action n'est pas une fin en soi»

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Publié le 05/09/2005 à 3h32

Maître de conférences en information et communication à Paris-VII, Thierry Lefebvre est chercheur sur le mouvement social et ses formes d'action.

Quelles sont les formes actuelles de la contestation sociale qui peuvent servir d'alternatives à la grève ?

Il y a une volonté d'en découdre intelligemment, qui nécessite de la stratégie et de l'imagination et donc de revoir les modes d'action traditionnels. Cette évolution est conduite par une jeune génération pacifiste qui a la volonté de faire cohabiter la revendication et l'expérience joyeuse. Les exemples types sont l'Euro May Day, les pique-niques, les concerts de soutien comme celui du KO social, et les actions dynamiques. Les activistes prennent un réel plaisir à revendiquer. A mon avis, le problème est que cela ne traumatise pas un pouvoir en place qui, jusque-là, a su résister.

Cela pose donc le problème de l'efficacité par la radicalisation...

Les plus activistes rencontrent en effet des difficultés à se synchroniser avec le mouvement social. Pour certains, c'est la radicalisation qui pousse au résultat car la mobilisation classique échoue. Comme en face il n'y a pas de réponse, certains vont préférer durcir le ton. L'action n'est pas une fin en soi, elle doit aider un mouvement social. Cela se traduit par des blocages, des occupations, des séquestrations, comme dans les années 70. On l'a vu récemment avec le tri postal de Bègles. Cette radicalisation inquiète le pouvoir, il n'y a qu'à voir les mesures administratives prises

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