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Le labo qui refuse d'émigrer en Suisse

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Les salariés de l'ex-Genset, fleuron français des biotechs racheté par Serono, ont manifesté à Evry.

Publié le 16/09/2005 à 3h43

A quoi reconnaît-on un conflit social sur un pôle de compétitivité high-tech en France? D'abord aux blouses blanches de la petite centaine de chercheurs et techniciens en biotechnologies qui bloquent une voie de la nationale à Evry (Essonne). Et aux protestations contre «la délocalisation en Suisse», pas en Chine ou en Inde. Hier, les «Serono» marchaient contre la direction de la multinationale qui, de Genève, a annoncé le «transfert» du centre de recherche d'Evry début juillet (Libération du 7 juillet).

Flou. Un vilain symbole pour la biotech française car avant d'être Serono, ils étaient Genset, ex-fleuron du secteur. Au plus haut, la firme comptait 430 salariés. En 2002, le numéro 3 de la biotechnologie mondiale l'a cueillie pour en faire son centre français de recherche et développement en génétique. Trois ans plus tard, Serono ferme l'ex-Genset. Depuis l'annonce, les 134 salariés sont dans «le flou», selon Sébastien Chesnel, délégué syndical CGC: ils savent qu'une vingtaine d'administratifs ou d'informaticiens seront licenciés, tandis que les autres se voient proposer un ticket pour la Suisse, sans grande précision sur ce qu'ils y feront.

«On nous propose un salaire, sans poste précis, sans projet de recherche, on ne sait pas ce qu'on fera une fois là-bas», raconte Laurence, technicienne. Pour cette autre technicienne, Sandrine, c'est un «transfert bidon, c'est juste pour dire au gouvernement qu'ils lâchent pas les chercheurs dans la nature». Au siège de Serono, une porte

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