A u siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, où les largesses des Etats ne sont pas en odeur de sainteté, les gendarmes du marché planétaire jouent avec des boîtes. A chaque type de subvention publique directe à l'agriculture correspond en effet une «boîte» virtuelle de couleur différente. Chacune représente un degré de dangerosité différent en fonction de ses effets de distorsion ou de non-distorsion de la concurrence sur le marché mondial. Le montant autorisé par l'OMC pour chacun des 148 pays membres et les transferts de subventions entre boîtes sont une partie de l'enjeu des négociations de Hongkong qui s'ouvriront en décembre.
Des trois cubes à subventions surveillés par l'OMC, la «boîte orange» est actuellement dans le collimateur. C'est elle qui fait l'objet d'une proposition de baisse de 60 % de la part des Etats-Unis. Elle rassemble les aides de soutien au marché intérieur réputées pour leurs effets de distorsion sur la production et les échanges, à l'image des aides au secteur laitier en France. Les subventions de la boîte orange sont les plus critiquées par les pays en voie de développement. En 2002, l'OMC a classé dans cette boîte plus de 43 milliards d'euros pour l'Europe, plus de 14 milliards pour les Etats-Unis et 6 milliards pour le Japon.
La «boîte verte», c'est la préférée de l'Organisation mondiale du commerce : elle recueille les soutiens publics des pays membres dont les effets sur les échanges agricoles sont nuls ou très faibles. C'est




