Montpellier correspondance
Le risque existe-t-il qu'un client de supermarché confonde une bouteille de vin rouge avec un flacon de vodka ? Jean-Philippe Beille était persuadé que non, et le voilà dans un sacré pétrin ! Il y a trois ans, en reprenant l'exploitation de son père, ce jeune vigneron des Pyrénées-Orientales eut une idée : plutôt que de refiler son jus à la coopérative du village comme l'ont fait son père et son grand-père, il se dit qu'il va créer un vin de qualité versé dans une jolie bouteille et de préférence distribué à l'étranger. Mais il fallait un nom. Jean-Philippe venait de finir un doctorat de droit fiscal international à Genève et connaissait la vogue des vins espagnols qui règne actuellement sur le territoire helvétique. L'idée a donc jailli : sa première cuvée s'appellera Tinto Absoluto ce qui veut dire «rouge absolu» de l'autre côté des Pyrénées.
«No pasará». Tout en remplissant ses premières bouteilles, le vigneron de Cabestany (près de Perpignan) envoie en mars 2005 le formulaire de déclaration de marque auprès de l'Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi). Trois mois plus tard, coup de théâtre : l'Inpi lui signifie que le géant suédois de la vodka Absolut a intenté un recours administratif contre Tinto Absoluto, considérant que cette marque pourrait provoquer «un risque de confusion de produits auprès du consommateur». «Au début, j'ai pensé que c'était une blague, se souvient le jeune vigneron. Imaginer qu'un vin rouge français pe




