Washington de notre correspondant
Si Alan Greenspan, 79 ans, venait à mourir, a plaisanté le sénateur républicain John McCain, il faudrait «le redresser, lui mettre des lunettes noires et le maintenir ainsi le plus longtemps possible». Façon de dire que personne ne pourrait jamais le remplacer. Lorsqu'il s'installera dans son bureau, le 31 janvier, Ben Bernanke (lire ci-contre) risque de trouver le fauteuil un peu large. Il n'est pas simple de succéder à un homme qui a, pendant dix-huit ans et demi, occupé avec brio le poste le plus important du monde dans la sphère économique.
Argentiers. Treizième patron de la Banque fédérale depuis la création de celle-ci en 1913, Greenspan est aujourd'hui facilement considéré comme «le plus grand banquier central de tous les temps». Les marchés le craignent, les grands argentiers le révèrent. Lorsque le ministre français des Finances, Thierry Breton, l'a rencontré, le mois dernier, il en est ressorti émerveillé comme un petit garçon qui aurait échangé quelques mots avec Zidane. Pendant toutes ses années à la tête de la Fed, le géant a cultivé son propre mythe. Tel une pythie, il s'est plu à délivrer des oracles dans un sabir incompréhensible au commun des mortels, y compris ceux de la finance. «Si vous m'avez compris, c'est que vous ne m'avez pas écouté attentivement», a-t-il plaisanté un jour.
Les décisions d'Alan Greenspan ont été critiquées à plusieurs reprises (on lui reproche notamment d'avoir laissé la bulle spéculative gonfler à la f




