Menu
Libération

Bruxelles fait fi des menaces françaises

Réservé aux abonnés

La nouvelle proposition du commissaire au Commerce met Paris devant le fait accompli, à un mois du sommet de l'OMC.

Publié le 29/10/2005 à 4h18

Même pas peur. Peter Mandelson, le commissaire européen au Commerce, n'a pas eu l'air impressionné par les menaces émises jeudi par Jacques Chirac. Celui-ci s'est dit prêt à bloquer les prochaines négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), prévues en décembre à Hongkong, si les contreparties agricoles demandées à l'Europe (et donc à la France) étaient trop importantes.

Vendredi, comme si de rien n'était, Mandelson a mis sur la table une nouvelle proposition de baisse de 46 % des droits de douanes agricoles de l'Union européenne, baisse susceptible de favoriser l'accès au marché européen des produits des pays du Sud. Surprise : la proposition précédente du commissaire européen, qui avait été retoquée par la France, ne prévoyait qu'une réduction de 36 % de ces droits de douane. Deuxième surprise : les Français prétendent avoir été «mis au pied du mur», selon l'expression d'un haut fonctionnaire français, et avertis de l'offre de Mandelson une heure avant son annonce.

Sans voix. Résultat : la journée de vendredi a été des plus confuses. Dans la matinée, la France fait savoir que cette baisse de 46 % n'est pas tolérable. Puis elle semble se raviser : «Nous nous donnons quelques jours de plus pour examiner en détail l'offre très technique de Mandelson sur l'accès au marché», expliquait dans la soirée un autre haut fonctionnaire français. Les gros calibres tricolores, d'habitude prompts à réagir, restaient sans voix : Dominique Bussereau, le ministre de l'Agriculture

Dans la même rubrique