Un vin label France, millésimé, avec le nom du cépage en gros sur la bouteille pour lutter contre les vins chiliens ou californiens. A des millénaires du tout-terroir et du millefeuille des étiquettes des vins français, c'est la proposition quasi sacrilège des promoteurs d'une nouvelle dénomination de vin, baptisée «vin de pays vignobles de France» et présentée hier avec l'ambition de sortir les premières bouteilles en 2006. Objectif : créer un «produit adapté aux nouveaux consommateurs», selon Michel Servage, président du syndicat viticole Vignobles de France créé à cette occasion. Quitte à assembler du vin de Loire avec du vin du Sud-Ouest, à rebours de la tradition française. «Le terroir, c'est bon pour celui qui connaît, mais cela ne correspond pas au goût des novices», poursuit Servage.
«Filière dans la merde». Cette nouvelle dénomination, qui trouverait sa place à côté des vins de pays classiques ou des appellations d'origine rattachés à leur région de production (lire ci-contre), vise à répondre aux affres d'une «filière dans la merde [...] qui se fait tailler des croupières à l'export», selon René Moreno, le président de l'Association nationale interprofessionnelle des vins de table et des vins de pays, à l'origine du projet. En échange de prix garantis, les producteurs ont accepté de laisser le pilotage de ces vins français d'un nouveau type aux négociants, qui pourront vendre des assemblages de vins de toutes régions en fonction de la demande des différents marchés.




