Pour les syndicats, le sondage TNS-Sofres pour l'association Dialogues sonne comme le tocsin ! Premier constat, les salariés ne privilégient plus les syndicats pour défendre leurs intérêts. Lorsqu'ils rencontrent une difficulté, ils s'adressent d'abord à leur hiérarchie (45 %) (1). Mais, explique Muriel Humbertjean, «plus de la moitié d'entre eux privilégie encore la voie collective, ce qui montre que la notion de solidarité est encore très vivante. Simplement, les syndicats sont concurrencés par d'autres formes de collectifs, plus informels». En fait, poursuit-elle, «les salariés attendent des syndicats qu'ils soient un rempart face aux évolutions négatives qu'ils ressentent. Leurs critiques sont donc au niveau des attentes».
L'opinion des salariés dessine une image assez lucide des syndicats : trop centrés sur les entreprises «à statut» ou grandes sociétés privées. Trop loin des préoccupations réelles des travailleurs. Et surtout des publics les plus en difficultés : les précaires et les chômeurs. 62 % des demandeurs d'emploi estiment que les syndicalistes ne se préoccupent pas d'eux (57 % pour la moyenne nationale). C'est, selon Muriel Humbertjean, un «appel à sortir du ghetto». Le plus étonnant est que les regards critiques sont partagés, quels que soient l'âge, la situation professionnelle et même la proximité politique.
Enfin, les salariés souhaitent que les syndicats se regroupent. Ils sont 79 % à penser qu'une à trois centrales (ou assimilées) suffiraient en France, co




