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Libération

Le portail Internet qui fait imploser Tokyo

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Scandale autour de Livedoor, emblème du Web nippon, suspecté d'avoir manipulé ses comptes.

Publié le 19/01/2006 à 20h06

Tokyo de notre correspondant

Deux cent cinquante milliards d'euros, l'équivalent du produit intérieur brut de la Suède, viennent de partir en fumée à Kabutocho, la Bourse de Tokyo. C'est le prix (du moins sa première estimation) du scandale retentissant qui éclabousse depuis lundi le populaire groupe Livedoor, premier portail Internet nippon (fournisseur d'accès, créateur de sites web). Son président, le flamboyant Takafumi Horie (prononcer «Horié»), 33 ans, est désormais discrédité et méchamment brocardé par tous les médias nippons. Dont le premier : la chaîne de télé privée Fuji TV, contre laquelle Livedoor avait tenté une OPA hostile, sans succès (Libération du 11 mai 2005). Livedoor annonce un chiffre d'affaires de 562 millions d'euros et une capitalisation boursière (avant le krach) de 5,25 milliards d'euros.

Base-ball. Les Japonais sont abasourdis de voir le groupe Internet Livedoor, hier emblème du «nouveau capitalisme» nippon, être aux prises avec la justice. Lundi, les perquisitions menées au siège de Livedoor et chez Horie par une douzaine de fonctionnaires ont donné le coup d'envoi de l'affaire. Le procureur de Tokyo soupçonne Livedoor d'avoir manipulé des cours boursiers en 2004. Et notamment de s'être enrichi illégalement en manipulant la fusion de la société Value Click (détenue à 30 % par Livedoor) avec la société Money Life, devenue une filiale de Livedoor. Livedoor est de même suspecté d'avoir falsifié ses résultats en dissimulant des pertes ­ une méthode cour

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