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Libération

Des boules aux oeufs d'or

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Publié le 27/01/2006 à 20h10

Qui veut gagner 146 millions ? Environ neuf millions de Français. C'est le nombre de joueurs sur lequel mise la Française des jeux, ce vendredi, à l'occasion du tirage d'Euro Millions. Il y a quinze jours, vendredi 13 janvier, ils étaient déjà autant. «Le nombre de joueurs est extrêmement corrélé à la somme en jeu, explique l'opérateur. Un jackpot à plus de 100 millions génère plus de joueurs qu'un enjeu à 30 millions.» Alors que personne ne l'a empoché en France depuis le 11 novembre, le pactole atteint aujourd'hui un record absolu. Net d'impôts. «C'est l'effet Crésus», explique Jean-Pierre Martignoni-Hutin, sociologue à l'université Lyon-II et président de l'Observatoire des jeux. «Le succès de ce produit tient surtout à cette somme énorme, qui paraît inaccessible. Il y a une volonté presque alchimiste de transformer quelques pièces en or.»

Neuf pays. «Devenez plus riche que les riches», scandait à l'origine le slogan publicitaire du jeu, lancé en février 2004 en France, en Espagne et en Grande-Bretagne, pratiqué aujourd'hui dans six autres pays (1). En matière de business du rêve, la Française des jeux, avec cette loterie européenne, a fait fort. Cinq chiffres, deux étoiles à cocher, et un chiffre d'affaires conséquent qui a atteint 869 millions d'euros en 2005. C'est moins que ses jeux de grattage, qui ont rapporté 3,5 milliards d'euros, ou que son traditionnel Loto, vingt-sept ans d'âge et un respectable chiffre d'affaires de 1,48 milliard d'euros.

Mais c'est bien à l'Eur

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