Pays basque espagnol
envoyée spéciale
L'Espagne «bureau de tabac de l'Europe» est peut-être sur la voie du sevrage. Le 15 décembre, les députés ont adopté une loi interdisant la cigarette dans les lieux de travail publics et privés, mais aussi la vente de tabac ailleurs que chez les buralistes. Cette mesure est entrée en vigueur le 1er janvier. Elle concerne tout particulièrement les ventas, ces centaines d'enseignes disséminées tout le long de la frontière franco-espagnole et qui, entre le rayon souvenir et la charcuterie, proposent alcools et cartouches de cigarettes à prix cassés. Cette pratique est désormais normalement interdite. Mais les ventas font de la résistance, comme à Behobia, où rien n'a encore changé. A peine passé le péage qui marque la frontière, l'automobiliste se retrouve au milieu d'un véritable centre commercial. Et on affiche la couleur avec des linéaires entiers de tabac en vitrine.
La concurrence est féroce : certains paquets se vendent à 1,30 euro contre un prix plancher de 4,50 euros en France. «Le tabac représente 50 % de notre chiffre d'affaires. Dans l'avenir, personne ne sait comment ça va se passer, s'inquiète Beatriz, propriétaire de Chez Pepe. Quatre personnes ont déjà préféré partir, et on constate que la fréquentation est en baisse.» Alors, pour le moment, elle fait comme tout le monde, elle temporise. «Nous avons obtenu un premier délai de trois mois pour écouler nos stocks. Nous espérons que ça nous laissera le temps de négocier une loi d'ex




