Voilà une sale affaire qui ramène aux origines de la malbouffe, à la fin des années 70, au temps où l'agriculture jouait parfois à fond la carte du productivisme intensif, quitte à abîmer la santé d'autrui. Jeudi, la juge d'instruction Anne-Marie Bellot, du pôle santé publique de Paris, a décidé l'abattage de 1 828 veaux d'un cheptel du Sud-Ouest pour cause de dopage au thiouracile, un anabolisant strictement interdit en Europe. «Cette molécule ,dangereuse pour l'homme ,déclenche chez les bestiaux une prise de poids accélérée et fait baisser le taux de graisse dans le sang. Au bout du compte, le tricheur qui donne des anabolisants à ses veaux obtient un avantage concurrentiel illégal de 15 % par rapport à ses concurrents», déplore Louis Orenga, le patron du Centre d'information des viandes (CIV).
Appel. Pour le moment, les animaux sont encore consignés dans leurs fermes avant leur destruction complète. Quant au principal responsable de cette fraude, un certain Pierre Dartout, fournisseur des veaux et de leurs aliments dopés aux éleveurs, il a été mis en examen dès le mois de décembre pour «détention et cession de substances anabolisantes». Il a fait appel des ordonnances de destruction des bestiaux prises par la juge.
L'affaire semble remonter à la fin 2004. A cette époque, des contrôles inopinés réalisés dans le cadre du Plan de surveillance européen de santé animale détectent des traces suspectes sur des carcasses de veau d'un abattoir du Sud-Ouest. «Nous avons alors mis des




