New York de notre correspondant
Vu de Wall Street, reparler d'Enron en 2006 a quelque chose d'anachronique. Ce n'est qu'un mauvais souvenir, une affaire classée. Mais pas pour la justice américaine qui n'a pas fini d'établir les responsabilités dans la faillite spectaculaire, en décembre 2001, du courtier en énergie. Aujourd'hui à Houston, s'ouvre le procès des deux ex-dirigeants, Kenneth Lay et Jeffrey Skilling. Les chefs d'accusation sont multiples : fraude, conspiration, blanchiment d'argent... Le procès, qui devrait durer jusqu'à l'été, sera technique. Seront démontés les mécanismes utilisés par la firme pour trafiquer ses comptes, travestir le montant de ses dettes et gonfler artificiellement ses bénéfices. Mais au-delà, c'est une histoire d'hommes qui se joue, de stratégies individuelles et de trahisons.
Les deux accusés, en effet, ne sont pas seuls en cause. Mais contrairement à eux, leurs anciens collègues mouillés dans le dossier ont choisi de coopérer avec la justice. Andrew Fastow, l'ex-directeur financier, a ainsi accepté, en janvier 2004, de plaider coupable et de purger une peine de dix ans, complétée d'une amende de 23 millions de dollars. C'est lui qui avait mis en place le réseau complexe de sociétés écrans permettant de dissimuler des dettes, tout en se rémunérant largement au passage. Richard Causey, l'ancien responsable de la comptabilité, qui devait figurer sur le banc des accusés, a conclu in extremis un accord avec la justice fin décembre. Il a reconnu a




