Londres de notre correspondante
Dans le petit salon où patientent les visiteurs du septième étage de Berkeley Square, au centre de Londres, pas de tableau de maître ni de sculpture contemporaine, ni même de photo flamboyante d'un site industriel. Sur les rayonnages de la bibliothèque s'empilent de gros et austères volumes gris sur la stratégie sidérurgique, la capacité de l'industrie de l'acier à s'adapter, prévisions et ouvrages de référence qui émanent du plus influent cabinet d'études américain, World Steel Dynamics. Ce samedi matin, Lakshmi Mittal, patron du numéro 1 mondial de l'acier, Mittal Steel, travaille ses arguments en faveur de l'offre d'achat lancée la veille sur Arcelor. A Thierry Breton, le ministre de l'Economie, qu'il rencontre pour un petit déjeuner ce matin à Paris, il compte expliquer que «[son] offre ne doit pas être prise comme hostile mais comme non sollicitée, dans une approche amicale», une différence sémantique difficile à soutenir et pas du tout partagée par les dirigeants d'Arcelor. Il veut insister sur le fait que «[leurs] deux entreprises sont de taille mondiale, mais ont de très fortes racines européennes». Une évidence pour Arcelor, une démonstration qui reste à faire pour son groupe.
«Ecouter les syndicats.» Mittal Steel, ce n'est pas l'acier indien qui débarque en Europe : si les frères de Lakshmi Mittal dirigent des entreprises dans ce secteur en Inde, sa firme n'y est pas présente. Mais la localisation à Rotterdam du siège fiscal du groupe,




