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Libération
Interview

Les vies brisées de trois anciens employés

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Publié le 30/01/2006 à 20h11

A Los Angeles

Rod Jordan, 67 ans

Ancien directeur de la division services d'Enron, fondateur du SEEC (Severed Enron Employee Committee)

«Ma retraite engloutie»

«Beaucoup d'anciens employés ne veulent plus entendre parler d'Enron, sauf des victoires judiciaires : autrement, c'est trop douloureux. Moi, j'ai rejoint la compagnie en 1998, à l'âge de 60 ans, à cause justement du très bon plan de retraite d'Enron : je voulais me constituer un capital. Trois ans après, Enron s'est effondré en engloutissant ma retraite. Après cela, je n'ai plus voulu travailler pour quelqu'un d'autre. Moi qui ne suis pas du tout entreprenant, j'ai créé ma compagnie de logiciels et elle marche assez bien. La vie continue. Cette expérience m'a permis de lancer en 2002 une association pour aider les gens, la SEEC, qui regroupe 1 180 membres, c'est une chance rare dans une vie. Plusieurs anciens ont fondé des entreprises, d'autres galèrent en enchaînant les emplois, mais les plus mal lotis ce sont ceux qui étaient déjà à la retraite au moment du scandale, avec leurs pensions sous forme d'actions Enron. Ceux-là ont tout perdu.»

Jim Fussell, 51 ans

Ancien directeur de technologie de l'information

«On travaillait vingt heures par jour»

«Enron était une bonne compagnie, à la pointe de la technologie et avec les meilleures jeunes recrues : on travaillait parfois vingt heures par jour, mais on était bien récompensés. Après l'implosion de la compagnie, j'ai mis treize mois à retrouver un emploi, alors que tout le sect

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