Il porte une veste de cuir noir et de grosses galoches marron. Accompagné de son défenseur syndical, il s'avance à la barre, un peu dégingandé, un peu débonnaire aussi, avec son sac plastique Fnac dans la main droite. Mamadou est agent de propreté dans un centre commercial parisien depuis 1988, toujours en fonction. Il réclame des heures supplémentaires que son patron ne lui aurait pas payées. «Il travaille de 12 h 30 à 19 h 30, six jours par semaine, avec seulement vingt minutes de pause dans la journée», explique le défenseur syndical. Il a fait le calcul, ça fait 182 heures. Problème, Mamadou a été embauché sur la base de 151 heures, un avenant au contrat de travail «que son patron a signé pour lui», insiste le défenseur syndical, lui a permis en 1998 de changer de statut en passant titulaire. «Ses 1 406 euros mensuels sont son salaire d'avant sa promotion. Ça fait huit ans qu'il n'est pas payé au bon tarif, explique le syndicaliste. Mamadou est analphabète, monsieur le président, il a ignoré ce manque de salaire jusqu'à son adhésion au syndicat, qui l'a éclairé sur ce point.» Mamadou fournit des attestations de clients et de collègues pour prouver son temps effectif de nettoyage . «La défense de l'employeur vous dit que Mamadou arrive en retard, mais il n'y a rien pour le prouver, c'est pas dans le dossier ! Elle dit qu'il prend plus de vingt minutes de pause, ce n'est pas vrai ! Le dossier, monsieur le président, le dossier !» Le président s'énerve : «C'est bon, pas la
«On n'est pas graphologues»
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Publié le 27/03/2006 à 20h44
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