Presque un conclave. Alcatel a réuni hier son conseil d'administration, mais aucune fumée n'en est encore sortie. Lucent a fait de même hier, de l'autre côté de l'Atlantique. Les sujets de discussion ne manquent pas entre les deux équipementiers. Si la fusion se produit, elle ne devrait pas être annoncée avant le début de la semaine prochaine. En revanche, selon nos informations, le sort de l'activité satellite d'Alcatel et l'éventuel accord capitalistique avec Thales, a, lui, été suspendu sur intervention du gouvernement français. Serge Tchuruk, qui rêvait de pouvoir annoncer un double mariage (sa fusion avec Lucent et sa montée au capital de Thales), devra donc patienter. Revue des dossiers en cours.
1 Quelle place pour les Américains ?
Comment doser le management ? L'idée d'une fusion avec Lucent est une idée, a priori, «facile à vendre en interne aux gens d'Alcatel», estime un observateur qui connaît bien l'équipementier pour y avoir passé plusieurs années. Mais ce n'est sans doute pas aussi simple. Parce que chez Alcatel, si la langue officielle est l'anglais et si la culture est très internationale, «les cadres souffrent souvent d'un complexe, celui d'être français». En se mariant avec Lucent, la touche anglo-saxonne donnera une autre coloration au groupe. La société resterait de droit français et le siège à Paris. C'est perçu comme un minimum, par ces temps de patriotisme économique, sachant qu'Alcatel pèse, à l'aune des cours de Bourse, plus de 60 % du nouvel ensemble.




