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Interview

Top modèles du Grand Nord

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Si les Français refusent la flexibilité, c'est qu'elle leur est présentée à sens unique, comme avec le CPE. Danois, Suédois et Finlandais suivent avec succès la recette du «donnant-donnant» entre salariés et entreprises. Interview.

Publié le 03/04/2006 à 20h49, mis à jour le 03/04/2006 à 20h49

Faut-il brûler le modèle social français ?», se demandent Dominique Méda, sociologue et Alain Lefebvre, conseiller pour les affaires sociales dans les pays nordiques, dans un ouvrage qui vient de paraître (1). «La caractéristique principale de notre système de protection sociale, disent-ils, n'est peut-être pas la solidarité mais plutôt la reproduction des inégalités à l'oeuvre sur le marché du travail.» 68 % des Français jugent que ce modèle va mal (Ifop, octobre 2005). L'activité des femmes, comme celle des jeunes, est considérée comme trop secondaire. Depuis trente ans, les moins de 25 ans servent de variable d'ajustement. A eux postes précaires et petits salaires, tandis que les plus âgés ­ mais pas trop ­ sont plutôt gratifiés des places stables et bien payées. Un choix de société qui aujourd'hui montre ses limites. 30 % seulement des jeunes Français travaillent et ils sont deux fois plus touchés par le chômage que leurs aînés (22,8 % de sans-emploi chez les 18-24 ans contre 8,7 % des 25-49 ans). Autant d'inégalités qui, à force de se perpétuer sur trois décennies, expliquent largement la crise actuelle. Celle du contrat première embauche (CPE) et, quelques mois avant,celle des banlieues. Comment sortir de l'impasse ? En allant prendre l'air chez nos amis danois ou suédois, suggèrent Dominique Méda et Alain Lefebvre. Construisons un nouveau modèle social, en piochant, dans le Grand Nord, ce qui nous fait défaut : un donnant-donnant, assurant aux entreprises la flexibili

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