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Chez Lucent, on se marie sans crainte

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A Murray Hill, dans le New Jersey, les employés de l'équipementier voient d'un bon oeil la fusion avec Alcatel.

Publié le 07/04/2006 à 20h52

Murray Hill (New Jersey) envoyé spécial

Les employés de Lucent n'en sont pas à une fusion près. Ils sont déjà des rescapés. Leur nombre est passé de 150 000 à l'époque de la bulle Internet à 30 500 aujourd'hui, à force de suppressions de postes et de reventes d'entités. Alors ce n'est pas la fusion avec le français Alcatel et les 10 % de suppressions d'emplois programmées qui vont les effrayer.

«J'ai tout vu, les bonnes périodes et les mauvaises, les gens travailler et s'en aller», raconte Katherine Brandes, employée au courrier, trente ans d'ancienneté, rencontrée sur le parking du siège social à Murray Hill (New Jersey). «Les suppressions de postes annoncées ne représentent que 10 % de l'effectif global, se réjouit presque un employé du département financier qui refuse de donner son nom. Ce n'est pas un chiffre important par rapport à d'autres fusions. Ça fait partie de l'Amérique.»

Décalage. La bourgade de Murray Hill, banlieue lointaine et résidentielle de New York, n'est pas la partie la plus riante des Etats-Unis. On y chercherait en vain un piéton, un magasin, un bar ou un restaurant. Les employés rencontrés n'ont pas été surpris par l'annonce de la fusion. Katherine Brandes veut «donner une chance au projet» et se réjouit que ce soit l'occasion pour elle d'«apprendre un peu de français». Elle redoute néanmoins une dégradation de la situation des retraités. «J'approche du départ. J'aimerais une meilleure couverture santé.»

L'employé des finances, lui, redoute le décalage

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