Le Syndicat envoyé spécial
Au Syndicat (Vosges), le bulletin paroissial écrit déjà l'aventure industrielle locale au passé : «SEB, c'était bien !» titre l'exemplaire du mois de mars. Le village de 1 800 habitants, étiré le long des vallées de la Moselotte et de la Cleurie, a appris fin janvier la fermeture, d'ici à 2008, de l'usine SEB qui fabrique fours, grille-pain, grille-viande et résistances électriques. En tout, 439 emplois pourraient disparaître dans les Vosges, plus de 800 en France, avec les fermetures des sites Moulinex de Fresnay (Sarthe) et Tefal de Dampierre (Jura). Coup dur pour le département des Vosges, sinistré par la crise du textile. Le secteur compte environ 5 000 salariés (le double il y a dix ans), et les pouvoirs publics, qui ont lancé en 2005 un plan d'urgence pour la filière, prévoient 2 500 suppressions d'emploi au cours des trois prochaines années.
La nouvelle de la fermeture de SEB est tombée sur la tête du maire du Syndicat sans crier gare. «En 2005, raconte Daniel Froehly (sans étiquette), SEB a investi 2,5 millions d'euros pour recentrer ses activités vosgiennes chez nous. Je me suis dit que c'était de bon augure : pérennité du site, des emplois et bien sûr de la taxe professionnelle», qui représente 13 % du budget de fonctionnement de la commune. La mairie avait investi 223 000 euros pour construire une nouvelle route d'accès à l'usine : «J'ai demandé si le groupe allait rembourser la collectivité, on a trouvé un terrain d'entente sur 140 000 eu




