Après le fiasco du CPE, voila de quoi permettre à Jacques Chirac de frimer en bâtisseur sans trop de risque. Après de longs mois de réglages, de négociations et d'annonces multiples pour chauffer la salle, c'est l'heure du lever de rideau : les cinq premiers projets financés par l'Agence pour l'innovation industrielle (AII) sont présentés officiellement ce matin par le Président. La hotte de Chirac-Colbert sera pleine : des technologies de la communication, avec notamment un moteur de recherche destiné à faire la nique à Google, mais aussi de la chimie verte pour remplacer le pétrole, ou encore un métro léger du futur (lire ci-dessous). Le tout sous forme de «programmes» d'envergure mondiale, cofinancées par l'AII sous forme d'avances remboursables et de subventions. Et pilotés à chaque fois par un grand groupe industriel, associé à des PME et des laboratoires publics afin de mutualiser recherche et développement (R & D) pour accoucher d'une rupture technologique à l'horizon de cinq à dix ans.
Relifté. Présidée par le patron de Saint-Gobain, Jean-Louis Beffa, qui en a suggéré l'idée, l'AII évoque le pompidolisme flamboyant et les grands programmes french style. Mais, promis juré, il s'agit de s'adapter à la nouvelle donne mondialisée : les premiers projets labellisés associent des Français avec des Allemands, voire des Néerlandais. Et surtout, le schéma commandes publiques-entreprises publiques, typiques du programme nucléaire ou du Concorde, est relifté avec cette Agence, qu




