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Portrait

Galbraith ou l'économie iconoclaste

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Mauvaise conscience du capitalisme américain, l'intellectuel est mort samedi, à 97 ans.

Publié le 02/05/2006 à 21h06

«On se souviendra de Ken Galbraith et on le lira encore, tout comme Thorstein Veblen, quand nous autres, les lauréats du prix Nobel, serons enterrés dans des notes de bas de page sous les piles de livres poussiéreux des bibliothèques.» La messe a été dite il y a plus de quinze ans, lorsqu'un autre prix Nobel d'économie, l'Américain Paul Samuelson, évoque les travaux de John Kenneth Galbraith. Ce vieux géant (2 mètres) à l'allure sympathique et dégingandée, mauvaise conscience du capitalisme américain, est décédé samedi. D'origine canadienne, Galbraith était né en 1908 à Iona Station, dans la province de l'Ontario. Il est sans doute le plus célèbre des économistes américains. Celui qui a été dans les plus grandes universités anglo-saxonnes (Princeton, Harvard, Cambridge, Oxford), fut aussi ambassadeur et journaliste. Il commence sa carrière dans l'administration de Franklin D. Roosevelt, où il a organisé et supervisé le contrôle des prix durant la Seconde Guerre mondiale. Anticonformiste à la dent dure, il a pendant toute sa carrière soutenu les thèses «libérales» (de «gauche» en français) de ses amis démocrates.

Coups de griffe. Après son passage dans l'administration, il retourne à l'université de Harvard. C'est là qu'il tombe dans le chaudron keynésien. Partisan convaincu de l'intervention publique en économie, il critique l'économie de marché. Ses coups de griffe sont souvent lancés contre les économistes, trop volontiers au service des intérêts économiques, et dont la foi

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