SOS Racisme a perdu hier le premier round d'une bataille judiciaire contre deux grandes entreprises françaises, L'Oréal et Adecco. Un vrai KO pour l'association de lutte contre le racisme : le tribunal de grande instance de Paris a décidé la relaxe de tous les prévenus et a blanchi les sociétés du soupçon de recrutement discriminatoire. Motif du jugement : les témoignages présentés au procès le 18 mai dernier n'étaient pas suffisamment «précis». Les faits remontent à l'automne 2000 : les laboratoires Garnier, du groupe L'Oréal, recrutent des animatrices via l'agence d'intérim Adecco et sa filiale Districom. Profil exigé : 18 à 22 ans, taille 38 à 42, BBR. «BBR» pour «bleu, blanc, rouge», c'est-à-dire des jeunes femmes blanches. A l'audience, une cadre de Districom a assumé cette mention portée de sa main sur un fax envoyé à la maison mère. Une initiative personnelle, a-t-elle expliqué, sans aucune connotation raciste : elle voulait «un personnel qui parle bien français». L'argument a-t-il convaincu les juges ? Pas sûr, mais ils ont considéré qu'il n'y avait pas de preuves matérielles d'un recrutement au faciès. «Il y a un rapport de l'inspection du travail qui établit que l'on est passé de 40 % de candidates d'origine étrangère à 4 % de recrutées au final, un fax avec un ordre écrit, que faut-il de plus ?» s'indigne Samuel Thomas, de SOS Racisme. «On nous dit que l'égalité des chances est une priorité, mais quel message envoie-t-on à des jeunes qui ont un CV irréprochable ?»
Discrimination : L'Oréal et Adecco blanchies
Réservé aux abonnés
Le plaignant, SOS Racisme, a fait appel de la décision de justice.
ParJudith RUEFF
Publié le 02/06/2006 à 21h39
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus