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Discrimination : L'Oréal et Adecco blanchies

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Le plaignant, SOS Racisme, a fait appel de la décision de justice.

Publié le 02/06/2006 à 21h39

SOS Racisme a perdu hier le premier round d'une bataille judiciaire contre deux grandes entreprises françaises, L'Oréal et Adecco. Un vrai KO pour l'association de lutte contre le racisme : le tribunal de grande instance de Paris a décidé la relaxe de tous les prévenus et a blanchi les sociétés du soupçon de recrutement discriminatoire. Motif du jugement : les témoignages présentés au procès le 18 mai dernier n'étaient pas suffisamment «précis». Les faits remontent à l'automne 2000 : les laboratoires Garnier, du groupe L'Oréal, recrutent des animatrices via l'agence d'intérim Adecco et sa filiale Districom. Profil exigé : 18 à 22 ans, taille 38 à 42, BBR. «BBR» pour «bleu, blanc, rouge», c'est-à-dire des jeunes femmes blanches. A l'audience, une cadre de Districom a assumé cette mention portée de sa main sur un fax envoyé à la maison mère. Une initiative personnelle, a-t-elle expliqué, sans aucune connotation raciste : elle voulait «un personnel qui parle bien français». L'argument a-t-il convaincu les juges ? Pas sûr, mais ils ont considéré qu'il n'y avait pas de preuves matérielles d'un recrutement au faciès. «Il y a un rapport de l'inspection du travail qui établit que l'on est passé de 40 % de candidates d'origine étrangère à 4 % de recrutées au final, un fax avec un ordre écrit, que faut-il de plus ?» s'indigne Samuel Thomas, de SOS Racisme. «On nous dit que l'égalité des chances est une priorité, mais quel message envoie-t-on à des jeunes qui ont un CV irréprochable ?»

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