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CNE, emplois fictifs

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Publié le 15/06/2006 à 21h26

Après deux ans de galère, Séverine pensait avoir trouvé «un emploi fixe». Un job de saisie de factures dans une petite boîte de transports, payé 1 650 euros brut par mois. «Quand le patron m'a embauchée, il m'a dit qu'un CNE ou un CDI, c'était pareil, raconte cette jeune femme de 31 ans. J'ai demandé : le CNE, c'est pas ce truc où on est sur la sellette pendant deux ans ? Il m'a répondu que c'était pas dans son intérêt de me former pour me mettre dehors ensuite...» Un mois plus tard, devançant le délai légal «parce que l'ambiance était plutôt familiale», elle lui annonce qu'elle est enceinte. Le lendemain, elle est licenciée sans motif. Lancé en août 2005 et réservé aux entreprises de moins de 20 salariés, le contrat nouvelles embauches (CNE) instaure une période de deux ans durant laquelle le contrat peut être rompu sans explication. Mais n'autorise pas pour autant un employeur à se débarrasser d'une femme enceinte, et l'histoire de Séverine finira devant un tribunal. Comme elle, et d'après une enquête publiée hier sur le site du ministère de l'Emploi (1), un petit tiers (30 %) des salariés recrutés en CNE ont déjà quitté l'entreprise au bout de six mois... Virés (38 %), partis à l'amiable (17 %) ou démissionnaires (45 %).

Nuances.

Dénoncé comme ultra précaire par les syndicats unanimes, le cousin du CPE pour les petites entreprises fait la fierté du gouvernement : de Villepin y voyait hier «un bon outil pour l'emploi et la croissance», avec «entre 40 000 et 80 000 emplois no

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