Jacob Soll, historien américain, dix-septièmiste talentueux, est un francophile exalté : «J'ai été formé pendant quatre ans par l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Je suis venu en France au début des années 90, parce que c'était la France de Derrida, de Foucault, que le capitalisme n'y sévissait pas. Puis je suis reparti aux Etats-Unis, la mort dans l'âme, en me disant que j'allais chez les Barbares. De retour en France, qu'est-ce que je vois : la pauvreté ! Les chercheurs ne sont pas assez payés, et quand on est mal payé on ne peut pas voyager, on ne peut pas être un entrepreneur du savoir ! Depuis la Renaissance, le voyage c'est la base du savoir.» «[Aujourd'hui, dans mon] université populaire, moi pauvre petit nul, je gagne plus qu'un professeur au Collège de France !» Et de citer ce confrère de Yale, responsable d'un département de lettres françaises pourtant peu prisé des étudiants, qui gère un fonds de recherche de quelque 130 000 dollars par an, et qui peut compter sur 10 000 dollars pour ses voyages d'étude. Ou encore ces bourses fédérales qui peuvent atteindre 350 000 dollars. Leur attribution, comme le renouvellement annuel des crédits, est conditionnée par les recherches et le nombre et la qualité des publications. Au CNRS, on ne regarde pas uniquement le nombre d'articles publiés, on «évalue» en commission. Stephen l'archéologue défend cette culture hexagonale : «Quand l'article d'un chercheur français présente plusieurs idées, celui d'un Amér
Là où l'Amérique débourse, la France «évalue»
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Publié le 26/06/2006 à 21h34
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