Gazprom et la Sonatrach sont-ils en train de créer une «Opep du gaz» ?
Je ne pense pas qu'il y ait un risque de cartellisation, même si les contours de cet accord sont encore trop flous pour que l'on puisse en prédire l'impact sur le marché européen. Les deux fournisseurs ont des intérêts communs et leur rapprochement est logique. Mais il faut surveiller la suite : ces deux pays sont les deux principaux pourvoyeurs extérieurs de gaz de l'UE [un tiers de la consommation des 25, ndlr]. Quand les deux plus gros vendeurs se parlent, le consommateur a intérêt à faire gaffe à ce qu'ils se disent.
Le prix du gaz va-t-il monter ?
L'influence de l'accord sur les prix sera limitée, car le prix du gaz est fixé de façon rigide et indexé sur les cours du pétrole. Le danger, c'est que Gazprom a une stratégie bien précise pour pénétrer sur le marché européen et que l'UE se laisse saucissonner en signant des accords bilatéraux. Les Européens feraient bien de réfléchir à une politique extérieure énergétique. Le problème, c'est que chaque Etat veut avoir son champion national du gaz. Ils suivent leurs intérêts particuliers et pas forcément celui du consommateur européen.
Peut-on diversifier les approvisionnements ?
Les coupures de l'hiver dernier ont mis en garde l'Europe sur sa trop grande dépendance vis-à-vis de la Russie. Le gaz produit par la Norvège et les Pays-Bas ne suffira pas aux besoins. Aujourd'hui, il est possible d'aller chercher du gaz, notamment liquéfié, en Egypte, en Libye,




