Chaque mois, 30 millions de visiteurs se connectent pour vérifier qui est ce nouveau voisin qui vient d'emménager ou qui est cette personne que leurs enfants fréquentent. Niveau de revenu et casier judiciaire à la clé. La curiosité pour son prochain ou la méfiance des employeurs à l'égard de leurs futurs recrutés procurent un joli business aux sociétés qui font commerce de la vie privée des individus.
Palme. Numéro 1 du genre : Intelius.com. Créée en 2003 par deux transfuges de Microsoft et d'Infospace, la société vient de se voir attribuer la palme de la «meilleure nouvelle compagnie» par l'American Business Awards. Et de fait, au moins en termes économiques, le bilan se tient : 760 % de progression depuis sa naissance et un chiffre d'affaires qui atteint 40 millions de dollars. Juste en vendant «la vérité» sur chacun d'entre nous, dit-elle. Au moins pour ceux qui sont aux Etats-Unis. Car, jusqu'à preuve du contraire, Intelius ne pourrait pas prospérer en France, où le croisement de fichiers est strictement réglementé (lire ci-contre).
Or c'est précisément ce moyen et la multitude de données, laissées aux Etats-Unis dans le domaine public, qui ont permis à la compagnie de rafler plus de la moitié du marché de la recherche des individus. Elle ratisse tout : des listes de commandes sur catalogue aux abonnements à des magazines, en passant par les enregistrements de propriété immobilière, les arrêts de cour de justice... Le nombre d'informations que l'internaute laisse au




