«Des projets de développement, vous dites ?» Les grossistes et les camionneurs de Rungis se regardent un sourire en coin ou haussent les épaules, sûrs que rien ne changera sur le plus grand Marché d'intérêt national (MIN) de France, où se croisent et bouchonnent en moyenne 26 000 véhicules par jour. «De développement international, en plus ?» Alors que Rungis a enregistré un volume d'affaires de 7,1 milliards d'euros en 2004, et que l'international pèse entre 10 et 15 % des ventes, en croissance rapide depuis plusieurs années, les grossistes et les transporteurs pestent surtout contre les problèmes de parking de ce marché de 232 hectares aux portes de Paris. Plus radical, un primeur venu se ravitailler assure que «c'est trop tard pour changer Rungis puisque les bâtiments sont construits et qu'il n'y a plus de place autour. Pour améliorer le site, il faudrait d'abord tout raser».
Améliorations. Beaucoup ne savent pas que le gouvernement va céder une partie de la participation de l'Etat et passer sous la barre des 50 % dans le capital de la Semmaris, société qui gère le MIN. A cinq heures du matin, il faut tirer des palettes, empiler des caisses, remplir des bordereaux. Dans une demi-heure, la cloche va sonner et les clients arriver. Tout doit être prêt. Visiblement, le désengagement partiel de l'Etat, pour attirer de l'argent frais, ne concerne que de loin.
L'Etat possède actuellement 56,85 % du capital de la société, la Ville de Paris 16,50 %, le départem




