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Orfèvre, un métier précieux

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Roland Daraspe, 56 ans, est orfèvre depuis trente ans dans la région de Bordeaux. Il vient d'être distingué par le prix Liliane-Bettencourt pour l'intelligence de la main.

Publié le 11/09/2006 à 23h14

«Ma philosophie est assez simple, et jusqu'à maintenant elle m'a plutôt bien réussi : comme on doit travailler toute sa vie, autant faire ce qu'on aime vraiment. J'ai une formation technique en chaudronnerie et en mécanique aéronautique. J'ai exercé pas mal de boulots, j'ai fait du porte-à-porte pour vendre des bouquins. Puis un jour, j'ai croisé la route d'un maître verrier qui m'a fait redécouvrir le travail de la matière, et de mes mains. J'ai commencé à faire des bijoux que je vendais sur les marchés, ça me plaisait et ça marchait bien, donc j'ai persévéré pour devenir orfèvre. Ça fait trente ans maintenant que je manie les feuilles d'argent.

J'ai commencé par faire des petites boîtes, toutes simples, mais avec l'expérience j'ai appris à comprendre le métal, à prévoir ses réactions aux coups de marteau et à la chaleur au moment de souder les pièces. Comme un chef en cuisine, il faut maîtriser le feu. Les artisans sont des gens qui savent rester humbles, c'est la matière qui décide, il faut lui rentrer dedans pour comprendre comment ça se passe. Avec de la patience et de la minutie, je suis parvenu à dépasser le stade des petites boîtes pour faire des théières, des objets de la vie quotidienne comme des étuis à cigarettes, des timbales de baptême, des épées d'académiciens et même des urnes funéraires. Certaines de mes pièces sont exposées dans des musées, d'autres servent à la vie courante. Le navire à caviar pour lequel je viens d'être récompensé m'a demandé deux cents he

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