Cernay envoyé spécial
Face au «chantage», les salariés de Dalphimétal entrent en résistance. Depuis mercredi, la grève est décrétée sur le site de l'équipementier automobile, à Cernay (Haut-Rhin). Le 11 septembre, les 191 salariés de l'usine, rachetée l'an dernier par l'américain TRW, ont appris qu'ils seraient licenciés mi-décembre. Idem pour 112 salariés du site de Tarbes (Hautes-Pyrénées). «De ce côté, les carottes sont cuites», commente une employée. Si les grévistes se battent aujourd'hui, c'est pour défendre leur «dignité».Protester contre le «cynisme» d'une direction qui, mardi, a menacé de les licencier immédiatement, sans indemnités leur reprochant un ralentissement du travail depuis l'annonce de la fermeture.
«Trahis.» Les salariés ont installé tables, fauteuils pliants et braseros à l'entrée de l'usine. Anonymes, ils demandent qu'on les appelle «ouvrier» et «ouvrière». «L'annonce des licenciements, ça a été un gros coup de massue. On s'attendait à une restructuration, pas à une fermeture, explique François Haas, de la CFE-CGC. La production est tombée à 20-25 %. Les gens prenaient le temps de faire leur travail correctement et n'avaient plus le coeur d'aller vite.» La direction y a vu une «grève perlée». Pour tenter d'y remédier, elle a proposé vendredi dernier deux mois et demi de salaires en plus si la production était maintenue à 100 %, mais les gens ont dit non «parce qu'ils n'avaient pas envie de travailler pour quelqu'un qui les




