Aux yeux du profane, la Russie apparaît toujours comme une entité lointaine, un peu inquiétante et irrationnelle dans ses décisions tant politiques qu'économiques. Pour trouver une cohérence, Libération a demandé à Julien Vercueil, chercheur au Centre d'études des modes d'industrialisation de l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) et spécialiste de la transition russe, d'éclairer les derniers développements de la politique économique de ce pays.
Que signifie la politique de la Russie qui veut à la fois s'arrimer au géant européen EADS et exclure de son sol les majors pétrolières européennes ?
La Russie cherche à développer une stratégie d'acteur économique grandissant en se fondant sur ses atouts. Pour l'instant, ce sont ses ressources énergétiques. Elle cherche donc à montrer qu'elle est un acteur qui compte et que si l'on craint que des intérêts russes viennent s'immiscer dans les intérêts européens, il est légitime que la Russie ait des craintes symétriques.
La Russie ne cherche-t-elle pas, par le biais de l'économie, à redevenir une puissance ?
Du point de vue énergétique, la Russie est un géant. Ce secteur représente 25 % du PIB de la Russie, alors qu'il n'emploie que 1 % de la population active. A court terme c'est une arme, mais à long terme cela risque de freiner le développement économique de la Russie. Plus on concentre les ressources dans le domaine des matières premières, plus on s'interdit des perspectives de développement dans les secteurs d'




