La Chapelle-Saint-Mesmin envoyé spécial
A La Chapelle-Saint-Mesmin, près d’Orléans, les 250 salariés du siège historique de Duralex sont inquiets. Les fournisseurs exigent le paiement comptant des marchandises. Des tonnes d’assiettes et de verres attendent l’achat de cartons pour pouvoir être livrés. Les quatorze salariés qui avaient fait le choix de partir durant l’été n’ont toujours pas touché leur solde de tout compte. Les poubelles ne sont plus ramassées, pour cause de factures impayées. Samedi, le four de l’autre usine du groupe, àRive-de-Gier (Loire), a été coulé par décision préfectorale : les pouvoirs publics craignaient une coupure d’électricité qui occasionnerait des risques majeurs pour les salariés et l’environnement. Depuis plusieurs mois, les factures n’étaient plus honorées. Sur le site, la centaine de rescapés d’un précédent plan social attend toujours un improbable repreneur. Au siège, un élu syndical déplore qu’«officiellement aucun élément justifiant la fermeture de [leur] usine de la Loire n’[ait] été communiqué».
Bon vouloir. «Nos carnets de commandes sont pleins, mais nous n’avons pas assez de trésorerie pour les honorer», constate, dépitée, Claudine Jupillat, assistante commerciale et déléguée syndicale FO à La Chapelle-Saint-Mesmin. Elle travaille depuis trente-sept ans pour ce verrier, icône des arts de la table bon marché et fabricant du célèbre verre de cantine. «Parfois, nous arrivons à produire le verre, mais impossible de le livre




