Et si la Belgique était le grand vainqueur de la fusion entre Suez et GDF ? En tout cas, le gouvernement belge espère bien tirer quelques marrons du feu. Le Premier ministre Guy Verhofstadt veut notamment obliger Suez à céder une part de sa production nucléaire. Depuis vendredi, il négocie d'arrache-pied avec les représentants des deux groupes et pourrait faire une annonce dès aujourd'hui, jour du vote solennel au parlement français pour autoriser la privatisation de GDF (lire ci-dessous).
Ouverture. Avec ce projet de fusion, le gouvernement outre-Quiévrain compte bien faire avancer une de ses vieilles revendications : créer plus de concurrence sur son marché. Car depuis l'ouverture totale du secteur, les concurrents crédibles à Electrabel, la filiale énergie de Suez, sont toujours aussi faiblards. Dans le gaz comme dans l'électricité (Electrabel produit 83 % de l'électricité belge). En ce qui concerne le gaz, Guy Verhofstadt attend beaucoup de la Commission européenne. Cette dernière avait clairement stipulé à Suez et GDF que leur position sur le marché belge n'était pas tenable au regard du droit de la concurrence. D'où des contreparties proposées par les deux entreprises pour permettre l'émergence au moins d'un concurrent.
Sur le marché de l'électricité, GDF savait depuis longtemps qu'il devrait se séparer des 25 % qu'il détenait dans la SPE (Société publique d'électricité), un petit concurrent d'Electrabel. Le futur groupe comptait bien en rester là. Mais c'était compter




