Conseil de prud'hommes de Paris audience des référés
Il est plutôt entre deux âges, immigré de la deuxième génération. Il se tait et écoute comme un écolier son avocat détailler son parcours. Lazare est boulanger-pâtissier. Il est embauché dans une fabrique industrielle en novembre 2005, en CDI, à temps plein, mais ne signe pas de contrat de travail. Son engagement comme son licenciement se feront oralement. Il passera deux mois dans la boulangerie, viré pile le jour de Noël. «Il a été licencié verbalement, explique l'avocat de Lazare, aucun papier. J'ajoute que la période d'essai était terminée.» Lazare n'a pas non plus touché l'intégralité de ses salaires, 1 937 euros mensuels.
L'exposé du cas de Lazare par l'accusation est bref, l'avocat ayant choisi de passer certains détails que la défense, elle, n'hésite pas à déterrer. «Il ne s'agit pas d'un licenciement, explique l'avocate de l'entreprise. Il y a eu abandon de poste. A partir du 25 décembre, monsieur Lazare ne s'est plus présenté à son travail. L'entreprise lui a demandé, par lettre recommandée, de justifier ses absences, sans réponse. Elle a mis fin à la collaboration de l'employé.» Lazare jure n'avoir jamais reçu de courrier. «Regardez, monsieur le président, s'exclame son avocat, l'adresse du contrat de travail et celle des lettres recommandées ne correspondent pas. Mon client a déménagé entre-temps.»
L'avocate de l'entreprise dément aussi le non-versement des salaires. «J




