A côté des 9 millions d'euros d'indemnités de départ perçues par Daniel Bernard au moment de son éviction de Carrefour, les exigences de Patrick Puy, dernier patron de Moulinex, font un peu petit bras. Le successeur de Pierre Blayau n'en est pas moins venu discrètement au tribunal des prud'hommes de Nanterre jeudi pour réclamer «176 000 euros d'indemnités pour cause de licenciement économique», suite au dépôt de bilan de Moulinex, survenu en septembre 2001.
«Odieux». A l'époque, Patrick Puy était venu de Brandt, officiellement pour «redresser Moulinex». En fait, il n'était resté que trois semaines et trois jours dans l'entreprise, le temps de fermer la maison et de procéder au licenciement des 3 700 salariés restants avant la reprise partielle par Seb, l'éternel concurrent.
Les anciens salariés du roi du petit électroménager ont eu vent de ce déplacement aux prud'hommes. Ils ne sont pas parvenus à intercepter leur ex-PDG, mais cela ne les a pas empêchés de livrer leur opinion sur cette demande d'indemnités. Marie-Gisèle Chevalier, l'infatigable ex-pasionnaria de la CFDT Moulinex, licenciée en 2003 avec 35 années d'ancienneté, juge la démarche «odieuse» : «Ces gens-là n'ont pas de honte [...]. Je suis abasourdie que ceux qui licencient saisissent les prud'hommes pour licenciement économique en expliquant n'être que de simples salariés.» Hier, Me Nicolas Sauvage, le conseil de Patrick Puy, a déclaré sur la radio France Info «comprendre l'émotion d




