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Libération

Les Basques ne regrettent pas Ducasse

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Mal perçu localement et cible de trois attentats, le restaurateur a démissionné de son complexe hôtelier.

Publié le 24/02/2007 à 6h17

Bordeaux correspondance

Motus et bouche cousue. Depuis la très discrète démission du chef Alain Ducasse du complexe hôtelier qu'il dirigeait à Bidarray, au coeur du Pays basque, les réponses de son équipe tiennent en deux mots : «Aucun commentaire.» L'information a laconiquement été confirmée la semaine dernière : le chef a quitté la présidence du conseil d'administration le 23 janvier et a été remplacé par la propriétaire du site, Catherine Peré-Vergé. Mais rien sur les raisons de ce retrait. L'échec aura été rapide puisque l'auberge Ostapé a ouvert en mars 2003. Il conservera aussi un goût amer, celui de quatre années d'hostilité manifeste de la population.

«Tout-tourisme». Le parti indépendantiste basque espagnol Batasuna n'a d'ailleurs pas manqué de se féliciter du départ du cuisinier, soulignant dans un communiqué acerbe : «Le retrait d'Alain Ducasse doit être un exemple pour tous les autres affairistes, qui, par le tout-tourisme, pillent et folklorisent le Pays basque.» La messe est dite. Victime de trois attentats non élucidés, sur le chantier du complexe en 2003 et 2004, puis au sein de l'hôtel l'été dernier alors que 47 clients y séjournaient, Alain Ducasse en a probablement eu assez des attaques à répétition. A chaque fois, les dégâts n'ont été que matériels. Mais le ton est donné. Le groupe qui revendique la dernière action indique ainsi agir en «dénonciation du mépris politique et de la colonisation menée par la France au Pays basque».

Pourtant,

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