Bordeaux de notre correspondante
Alors que les ventes s'améliorent et que la crise s'éloigne, de nouvelles turbulences agitent la viticulture bordelaise. La cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé, mercredi, le classement des crus bourgeois du Médoc, homologué en 2003, qui constituait une tentative de refonte d'un système largement archaïque. «Une déception, le mot est faible» : pour Thierry Gardinier, président de l'Alliance des crus bourgeois, c'est l'«anéantissement de dix ans de travail».
Partialité. Le dernier référencement non officiel datait de 1932, il répertoriait à travers tout le Médoc 444 propriétés distinguées «cru bourgeois». La dénomination avait fini par être galvaudée et, lors de la révision de 2003, seules 247 productions avaient été retenues. Sept propriétaires ont alors engagé une procédure devant le tribunal administratif et ont finalement fait tomber le classement, au motif de la partialité du jury, dont plusieurs membres avaient présenté leur propre production.
«Parmi les requérants, certains avaient été très bien classés. Ils se sont insurgés, car ils figuraient dans la catégorie des "crus bourgeois supérieurs" et voulaient accéder à l'élite des "crus exceptionnels", souligne, amer, un observateur. Ce sont des jusqu'au-boutistes, qui ont sacrifié la collectivité au profit de l'intérêt particulier.» Les vins du Médoc retournent donc à leur situation précédente, celle d'un vide juridique où tous les exclus d'hier vont p




