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Travailleurs portés, les salariés de l'ombre

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Le portage, solution intermédiaire entre salariat et travail indépendant, reste une pratique mal encadrée, où les dérives sont nombreuses.

Publié le 19/03/2007 à 6h42

Ils sont 10 000 à 15 000 réguliers. Le bataillon, réservistes inclus, atteint les 40 000 éléments. Ils ont tous abandonné, de gré ou de force, leur statut fixe et sécurisé de salarié traditionnel, pour se mettre sous la coupe d'une société de portage, et devenir des «travailleurs portés». A mi-chemin entre le salarié indépendant, dont ils ne doivent pas assumer la paperasserie comptable, et l'intérimaire.

Expertise de pipelines en Europe de l'Est ou animation de séminaires de coaching... le portage salarial existe depuis une vingtaine d'années. Le système a connu un véritable boom à la fin des années 90. Il permet au porté de vendre des prestations intellectuelles à des clients qu'il a lui-même dénichés. Ces missions (de conseil, d'expertise ou de traduction) sont facturées par une société de portage qui s'occupe des tâches administratives et reverse au porté le montant de la facture, amputé de 10 % environ pour les frais de gestion. C'est une relation de travail à trois, sans lien de subordination. «Le portage salarial permet de transformer des honoraires en salaires», résume Roland Bréchot, directeur général d'ITG, une société de portage.

La situation de travailleur porté est généralement transitoire. Certains y sont contraints après un licenciement, d'autres la choisissent pour concilier vie privée et vie professionnelle ­ de jeunes mères de famille par exemple ­, d'autres encore pour enfin se libérer de l'autorité d'un patron. «On ne vient pas au portage volontai

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