New Delhi de notre correspondant
Ecartelé entre sa volonté d'accélérer l'industrialisation du pays et la peur de se mettre à dos des millions de petits paysans, le gouvernement indien a donné son feu vert à la création de 83 nouvelles «zones économiques spéciales» (SEZ), cette semaine, tout en limitant à 5 000 hectares la taille maximum de ces enclaves industrielles, où les investisseurs bénéficient d'une fiscalisation allégée. Chacune d'entre elles devra également consacrer au minimum 50 % du terrain acquis aux activités industrielles, contre seulement 35 % auparavant pour les enclaves multiactivités. Des décisions qui concernent tant les investisseurs indiens qu'étrangers.
Réforme. Autre nouveauté, les Etats fédérés ne pourront plus intervenir pour faciliter l'achat des terrains. Une réforme majeure puisque, jusqu'ici, les investisseurs s'en remettaient le plus souvent aux autorités régionales sur cette question. En vertu d'une loi héritée de la colonisation, celles-ci avaient en effet le pouvoir d'imposer aux paysans de vendre. Sachant que l'exploitation agricole moyenne ne dépasse pas un hectare, certains se demandent toutefois comment les entreprises vont bien pouvoir faire, désormais, pour parvenir à réunir des milliers d'hectares d'un seul tenant.
Du fait qu'elles concernent majoritairement des terrains agricoles, les SEZ font depuis plusieurs mois l'objet d'une vive polémique. A tel point que New Delhi avait fini par geler tous les projets en cours, fin janvier, bloquan




