«A-t-on forcément les mains sales quand on est dans l'action ?» Il faut croire que oui à la lecture de Profession salaud, une manière d'être en entreprise. Dans son livre, Claude Lussac, polytechnicien, énumère tous les postes occupés en entreprise en montrant que chacun d'eux peut très bien être occupé par un salaud. Les salariés sont cernés. Le DRH, le premier, fait presque une cible trop évidente qui passe pour le tueur de services. Autre poste, autre salaud : le directeur financier. Lui seul a le savoir mais ne laisse filtrer que ce qu'il veut bien. Le PDG aussi, quand il se transforme en «patron voyou», déménageur nocturne d'usine ou hérault du «développement durable et de la responsabilité sociétale de l'entreprise», nouvel outil pour duper ses salariés. Mais aussi le partenaire social, figure de salaud plus inattendue, «défendu au nom du principe» et qui peut donc clamer «sans limites sa révolte ou sa haine» sous prétexte qu'il est protégé par le droit. Mais «on ne naît pas salaud, on le devient», écrit l'auteur avant de s'en prendre «plutôt au système qu'à ses serviteurs». La caractère de salaud en entreprise aurait ainsi tendance à se démocratiser, aidé en cela par les nouvelles technologies, outils à saloperies. «Les salauds de toujours trouvent bien sûr dans le Net un media complémentaire pour exercer leur turpitude ». Exemple: les emails envoyés en copie cachée, qui permettent «d'ourdir un complot
Critique
L'entreprise, pépinière de cons... et de salauds
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Publié le 10/04/2007 à 7h08
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