C'est une des mesures phares du prétendant à l'Elysée. Dans son dernier livre, Ensemble, paru le 2 avril, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy explique qu'il est «convaincu qu'il faut expérimenter le transfert d'une partie des cotisations sociales sur la TVA». Connue sous le nom de TVA sociale, l'idée pourrait être expérimentée par le candidat à la présidentielle dès le projet de loi de finances 2008 (lire ci-dessous), dans le meilleur des cas. Selon Eric Heyer, économiste de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), l'adoption d'une TVA sociale risque d'aboutir sur des résultats en trompe-l'oeil. Entretien.
Quel est le principe de la TVA sociale ?
Elle vise à remplacer tout ou partie des cotisations sociales des employeurs par une hausse de la TVA dont le taux normal est actuellement de 19,6 % pour la majorité des ventes de biens et services. Pour les finances publiques ? Cela ne change rien, c'est juste une nouvelle façon de financer la protection sociale. Du côté des entreprises, cela se traduit par une baisse du coût du travail, qui à son tour produit une baisse des coûts de production et in fine des gains de compétitivité-prix des produits hexagonaux vendus à l'étranger.
On pourrait donc créer plus d'emplois...
Oui, si l'on s'en tient à suivre les enchaînements théoriques que nous venons de décrire. Mais, au bout d'un certain temps, si le taux de chômage baisse fortement, alors le rapport de force entre les salariés et les empl




