Nicolas Sarkozy a répété ce slogan d'un bout à l'autre de sa campagne : «Travailler plus pour gagner plus». Certes, la proposition du futur président de la République garder les 35 heures «comme un minimum» tout en exonérant de charges sociales et d'impôts les heures supplémentaires «payées au moins 25 % de plus» pourra permettre aux salariés des entreprises qui n'ont pas signé d'accord (une majorité de PME) d'augmenter leur revenu. Mais pour beaucoup d'autres salariés, dans les faits, «travailler plus pour gagner plus» n'a aucun sens. Certains aimeraient bien, mais leur employeur ou leur activité leur imposent un temps partiel. D'autres au contraire travaillent déjà bien au-delà des 35 heures, sans pour autant gagner plus, forfait cadre ou annualisation obligent. Le président élu a vendu sa remise en cause des 35 heures sous l'angle de la liberté de travailler plus, qui serait mathématiquement récompensée par une hausse de revenus. Dans bien des cas, il y a maldonne. Témoignages.
Le temps partiel
Mass, 29 ans, employé dans une pizzeria seize heures par semaine
«J'ai longtemps travaillé vingt heures au McDo et seize heures à livrer des pizzas, pour compléter. Mais j'ai été licencié du géant du hamburger. Depuis, à chaque nouveau manager dans ma boutique de livraison de pizzas, je demande à travailler plus longtemps. A chaque fois, même réponse : "Désolé, mais on n'en a pas besoin." Ou bien : "Si on passait cinq employés à temps plein, i




