en Scandinavie
Les affaires Laval et Viking, ou comment réconcilier les syndicats et l'Europe. Depuis plusieurs années, ces affaires de droit du travail portées devant la justice européenne empoisonnent les relations entre pays de l'Est à bas salaires et modèles sociaux de l'Ouest (Libération d'hier). Hier, devant la cour, les deux avocats généraux ont rendu leurs conclusions : ils incitent les juges à consacrer l'action syndicale comme un droit fondamental du droit communautaire. Et le dumping social est explicitement reconnu comme une conséquence néfaste du libéralisme économique de l'UE. Or, les avis des avocats généraux sont, dans 85 % des cas, suivis par la cour. «Les droits des syndicats à engager des actions contre une entreprise d'un autre pays membre pour le contraindre à respecter les conventions collectives ont été confirmés», s'est réjoui John Monks, tout juste réélu secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats.
L'affaire Laval, la plus médiatique, opposait le syndicat du BTP suédois à une entreprise lettonne (Laval), qui employait des salariés baltes. Le syndicat voulait que Laval signe une convention collective assurant à ces derniers le salaire moyen des ouvriers suédois du bâtiment. Laval, arguant qu'elle avait déjà signé une convention collective en Lettonie (qui prévoyait des rémunérations inférieures), avait refusé. Les Suédois avaient alors entrepris un blocus menant l'entreprise à la faillite. Celle-ci portait donc plainte




