Bordeaux de notre correspondance
Il y a les trois accessoires incontournables : l'attaché-case, le badge, précieux sésame clippé à la boutonnière, et la carte de visite, prestement échangée à chaque poignée de main. Vinexpo, c'est une fourmilière avec ses codes, son langage, sa hiérarchie spécifique. Un long tapis rouge, déroulé sur près d'un kilomètre au parc des expos de Bordeaux, une ambiance de duty free géant réservé aux alcools. L'événement bisannuel du monde des vins et spiritueux, où se croisent 45 000 visiteurs d'une quarantaine de nationalités. Réal Wolf est québécois. Costard cravate, chemise à rayures, son créneau, c'est le relationnel. Polyglotte, fin connaisseur, abonné au carré VIP, il voit dans le producteur «une signature».«Je cerne le profil de mon artiste, son potentiel, pour pouvoir faire son lancement et le rendre populaire», dit-il. Chez lui, le vin est avant tout une culture, ses soirées off, ses dégustations, ses stars. Il aime les étiquettes design, qui pour chaque bouteille «racontent une histoire». C'est un jeu d'initié dont il maîtrise toutes les ficelles. Il est l'image classique du marché du vin. Celle qui depuis trente ans a imposé sa marque au Salon.
Déconcerté. Mais, à petits pas, une autre population fait son entrée à Vinexpo. Une catégorie d'acheteurs totalement néophytes, sans aucune connaissance des usages patinés du milieu. C'est l'arrivée des pays émergents. En plein boom de la consommation




