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Libération

Le vent tourne et le parfumeur a du nez

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Publié le 29/06/2007 à 8h34

Il faudrait un George Orwell pour imaginer 2084. Le désastre écologique aurait été évité grâce au développement durable. L'effet de serre n'évoquerait plus qu'un mauvais souvenir aux entreprises. Les rayons de supermarché seraient remplis de produits naturels. Et on dirait merci qui ? Merci Alban Muller.

Retour en 2007 : cet amoureux de la nature, président de la Cosmetic Valley, un pôle de compétitivité regroupant 150 sociétés telles Dior ou Paco Rabanne au coeur de la vallée de l'Eure, déclare à la presse, lors d'une visite bucolique dans ses jardins : «Le XXIe siècle sera éthique», ou ne sera pas. Conscient d'être «à la veille d'une nouvelle extinction des espèces», Alban Muller, PDG éponyme du groupe, entend «changer les formes de pensée de l'industrie». Se voyant comme un «agent d'influence», il a convaincu cette semaine ses partenaires de créer un «campus cosmétique», chapeauté par l'université d'Orléans, pour faciliter formations et recherche dans ce domaine. A la tête d'un groupe certifié ISO ­- norme de qualité -, il est en voie de faire adopter par la Cosmetic Valley une «charte de la cosmétique naturelle et éco-responsable». Hier, il inaugurait dans son usine des jardins filtrants, une technique de traitement des eaux polluées. Le geste est presque désintéressé, à ceci près que «les fonds d'investissement sont de plus en plus attirés par les entreprises éthiques, donc on a intérêt à valoriser cet aspect».

L'enjeu est

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